ETRE PIEDS NUS N’EST PAS SYNONYME DE BIEN-ETRE !

ANALYSE DE LA POSTURE POST CONFINEMENT COVID-19

L’analyse de la posture des patients reçus la première semaine de déconfinement (11 – 17 mai 2020) permet de tirer des enseignements très intéressants.

Après une trentaine de consultations posturologiques – podologiques (20 adultes et 8 enfants), le constat est sans appel !
Etre pieds nus à la maison provoque des douleurs aux pieds, aux genoux et au dos, évitables avec le chaussage !

Méthode

La reprise n’ayant pas été programmée par les patients, et l’ouverture de l’agenda en ligne ayant été très tardive, le hasard des consultations apporte des motifs très variés.

Les motifs de ces rendez-vous sont surtout des troubles soit anciens qui se sont aggravés (50 % des cas), soit nouveaux au cours du confinement ou révélés par celui-ci.
Quelques patients sont venus pour le renouvellement habituel (annuel ou semestriel) du traitement, retardé pour cause de confinement.

Plusieurs critères d’analyse sont recensés, en fonction de l’âge, du style de vie et des douleurs :

  • Adulte ou enfant ;
  • En activité à l’extérieur (Actif)  ou pas (Inactif) pendant le confinement ;
  • Avec ou sans chaussage à la maison (Chaussage Maison – PN (pieds nus ou équivalent) Maison
  • Présence de douleurs ou pas
  • Intensité de celles-ci
  • Localisation de celles-ci aux pieds, aux genoux ou au dos

questionnaire aux patients

Le questionnaire réalisé auprès des patients est habituel à celui qui se fait dans toutes les consultations du cabinet depuis 30 ans.
Il permet de connaître les attentes des patients et d’avoir une parfaite empathie.
Il a porté sur 28 personnes, 20 adultes et 8 enfants.
4 n’avaient jamais été reçues au cabinet.

Il a été demandé aux patients s’ils étaient :
soit en chaussures la majeure partie de la journée à la maison (patients chaussés);
soit pieds nus ou en pantoufles molles ou ouvertes (pieds nus).
Un patient est considéré comme « chaussé » si ces chaussures respectent au moins 2 des 3 critères qualifiant une « bonne chaussure »( lire article).

Il a été tenu compte de leur activité professionnelle pendant ces 8 semaines : soit sur leur lieu de travail habituel;
soit en télétravail à la maison ou sans activité professionnelle.

L’activité sportive réduite a été notée.

Leurs douleurs ont été localisées sur les articulations principales de la posture : pied, genou, dos, cervicales.
Il leur était demandé de la quantifier sur une échelle de 0 à 3 ; 0 : l’absence totale, 3 : intense et handicapante.

les différentes douleurs sont :

  • Au pied : Hallux Valgus (oignon), métatarsalgies (avant-pied), voûte interne ou talon (aponévrosite plantaire ou talonnière), Achilléïte (tendon d’Achille) ;
  • Au genou : rotule, tendon rotulien, ménisque interne, insertion du Fascia Lata (syndrome de l’essuie-glace), patte d’oie ;
  • Au dos : lombalgie, interscapulaire, cervicalgie.

Les différentes douleurs possibles sont décrites ici

Résultats

Chez les adultes, pas de différence importante sur les différents critères : chaussés ou pas, douleurs ou pas, entre les personnes ayant continué leur activité professionnelle (6) et les autres en télétravail ou sans activité professionnelle (14).
La majorité (65 %) était pieds nus ou équivalent à la maison.
Ceci indique que l’habitude vestimentaire n’a pas été modifiée par le confinement :
à la maison et à l’extérieur, le chaussage est différent, quelque soit le temps passé pour l’un ou l’autre, mais reste identique à celle que l’on a habituellement.

L’activité sportive n’a pas modifié les résultats.
L’activité habituelle de vie ayant été diminuée, le sport limité à 1h/jour a seulement permis de conserver a minima les acquis.

Les douleurs sont présentes quelque soit le chaussage.


Par contre, les douleurs sont moitié moins nombreuses dans le groupe chaussé (43 % contre 77 %).
Surtout l’intensité en est 3 fois plus réduite.

chaussage, douleurs réduites

Dans le groupe chaussé, on compte 2 fois moins de douleurs au pied et au genou.

Pour le dos, si on excepte un patient pour qui une chirurgie d’hernie discale programmée a été différée par le confinement, il n’y aucune douleur dans le groupe chaussé.
Alors que dans le groupe pieds nus, cet item se retrouve uniquement dans le groupe inactif.

pieds nus, douleurs augmentées
chaussage à la maison, douleurs très limitées
Pieds nus, douleurs en expansion

Ceci confirme l’intérêt pour la posture d’un vrai chaussage un maximum de temps.

enfants

Chez les ENFANTS, le critère pieds nus prédomine largement à 75 %, beaucoup plus que chez les adultes.
Dans ce groupe, 50 % ont des douleurs, assez fortes, pratiquement toutes au pied et au genou.
Il faut aussi noter des reprises de douleurs liées à des maladies de croissance (maladie de Sever ou Osgood-Schlaeter) qui avaient pratiquement disparu avant le confinement.
Dans le groupe chaussé, pas de trouble signalé, les patients venaient en renouvellement de traitement.

Pieds nus des enfants : douleurs augmentées ou revenus

Conclusions

Ces 8 semaines ont permis de confirmer qu’un bon chaussage permet de garder une bonne posture.
Cela contredit fortement la croyance qu’être pieds nus est synonyme de bien-être.
C’est même l’inverse !
Ce mode de vie n’a duré que quelques semaines. Aussi il est d’autant plus à craindre qu’un confinement plus long (3 – 5 mois) aurait donné beaucoup plus de symptômes douloureux.
Notamment sur toutes les chaînes articulaires et musculaires principalement dos et cervicales.
C’est l’avertissement répété à longueur de consultations au cabinet, surtout auprès des enfants et des jeunes retraités.
Ces populations sont les plus tentées d’être pieds nus à la maison, et sont donc les plus fragiles pour la Posture.

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